La consommation contrôlée

A lire : http://www.franceinter.fr/depeche-halte-a-la-tyrannie-du-sevrage

Le sevrage perçu comme une tyrannie est une nouvelle idée qui va avec la « consommation contrôlée », nouveau paradigme de l’addictologie et plus précisément sur les questions d’alcool.

Il s’agit de trouver une réponse à ce qui n’en a pas à ce jour.

Comme institutionnellement les CSAPA regroupent addictions aux drogues et alcool, un des effets est de chercher l’équivalent de la RDR avec un sujet comme l’alcool. Sauf qu’il n‘existe pas de médicaments de substitution tel que la méthadone comme on en trouve pour le traitement de l’héroïne.

Le pari avec les traitements de substitution est :

  • de faire venir les toxicomanes dans les centres de soins et comme on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, les produits de substitution font une promesse qui est : «  ça va aller mieux et vous n’êtes pas obligé d’arrêter. »
  • une fois « accroché », tous les éléments sont réunis pour la réduction des risques sanitaires et la prise en charge socio médicale.

Mais la question de la sortie de la toxicomanie (que je préfère au terme d’addiction qui est plus large et moins précis dans sa description nosographique) reste entier.

L’idée sous jacente induit que l’on est dans le cadre d’une maladie chronique, ce qui signifie que l’on n’en sort pas. On prend un traitement à vie qui, bien stabilisé, évite les problèmes inhérent à la consommation de produits à savoir le manque et les troubles associés.

Il y aurait à s’interroger sur le sens d’une action institutionnelle voulant limiter le manque.
Et si être toxicomane c’est vouloir être manquant précisément ? Mais cela est une autre histoire.

Pour l’alcool point de possibilité de substitution à ce jour, sachant que 90% des malades ne sont pas suivis, la question de la prise en charge de tous ces patients se pose.

Le modèle de la maladie chronique, inspiré de celui des Alcooliques Anonymes, pose l’abstinence comme solution unique et définitive.

Parce qu’il est difficile de tenir l’abstinence comme seul horizon, est-ce pour autant qu’il faut proposer ce qui paraît antinomique de l’alcoolisme à savoir une consommation contrôlée ?

Il faut tenir compte des différentes catégories de buveurs et du stade d’avancement de ce que l’on peut appeler la maladie alcoolique sans que celle-ci recouvre pour autant une chronicité.

Pour certains, et notamment pour ceux qui sont atteints d’une affection liées à l’alcool ou pour ceux qui sont dans une addiction à l’alcool, il convient de présenter l’abstinence.

Celle-ci signifiant en tout cas une capacité de maitrise et de restauration de la confiance en soi, éléments indispensables à une sortie de l’alcoolisme qui concerne les deux catégories désignées.

Alors la question d’une consommation contrôlée peut se poser dans un cadre autre qui signifie une sortie et non une continuité pour ceux qui le désirent afin d’ouvrir un espace et clore un chapitre de son histoire personnelle.

Peut-être y gagnerait-on à avoir une approche plus fine et plus efficace en se détournant des slogans et des aprioris. Comme il existe un tabou de l’alcool, il existe, du côté des soignants, un tabou sur les méthodes, chacune excluant les autres … N’oublions pas que les addictions sont infiniment plus complexes que le terme addiction le laisse penser…

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